Un code de la famille encore mal appliqué? C’est ce que portent à croire les résultats d’une enquête réalisée par une association féminine marocaine, la Ligue Démocratique des Femmes du Maroc (LDDF). Jeudi 9 octobre, à la veille de la célébration de la journée nationale de la femme proclamée le 10 octobre, l’Association tenait une conférence de presse pour sensibiliser sur les obstacles qui subsistent à la mise en application de l’égalité prônée par le code de la famille. Les résultats restent mitigés et la société civile tire toujours la sonnette d’alarme.
«Globalement mitigé»: c’est le constat dressé par Fouzia Assouli, présidente de la LDDF sur quatre années d’application du code de la famille.
A la veille de la journée nationale de la femme célébrée le 10 octobre, l’Association a tenu à attirer l’attention sur les problèmes qui subsistent.
Sur le total des mariages, 10% sont des mariages de mineures. 86% des demandes de mariage adressées aux juges dans ce sens sont acceptées.
La polygamie existe toujours même si elle diminue considérablement.
Le nombre de mariages polygames a en effet diminué de 31,01%. En 2007, 811 mariages polygames ont été autorisés.
Les divorces ont également diminué, ce qui était d’ailleurs prévisible. 27.904 cas de divorce ont été enregistrés. Dix ans auparavant, en 1998, le nombre de divorces atteignait presque le double (50.763).
Le partage des biens reste un problème majeur. Très rares sont les couples qui stipulent les conditions de partage des biens en cas de divorce au moment de leur union.
L’héritage reste aussi une des grandes inégalités au sein de la société. Les membres de l’Association comptent entreprendre une action de sensibilisation afin que les femmes aient davantage de droits dans ce domaine. «L’héritage ne figure pas parmi les piliers de l’islam», affirme Fouzia Assouli. «De toutes façons, les lois en vigueur ne riment plus avec le vécu de nombreuses familles qui n’hésitent pas à contourner la loi pour que leurs filles ne soient pas lésées dans le partage des biens après la mort des parents», ajoute-t-elle. La question reste pour l’heure épineuse car le facteur religieux entre considérablement en ligne de compte.
La sensibilisation des femmes est une des principales recommandations car jusqu’à présent très nombreuses sont celles qui ignorent encore leurs droits.
Amale DAOUD
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